Définir les règles du jeu au sein d’une nation multiethnique est comparable à orchestrer l’organigramme de la « mini-société » qu’est une famille. De la bonne organisation de la cellule familiale dépend son bien-être. Le respect des personnalités de chacun, si diverses soient-elles, suscite une complémentarité qui assure la cohésion d’ensemble du foyer. La différence devient une force et « le cocon familial », un havre de paix et de stabilité.
Les disparités sociales, les particularités ethniques, les divers intérêts économiques ou politiques ne sont en rien un obstacle à l’unité et la cohésion d’une nation. J’ai la conviction profonde que les solutions existent et je crois en la capacité des hommes à faire émerger - par l’échange et le partage des réflexions et opinions - des idées salvatrices, capables de débloquer la situation en Afrique.
C’est pourquoi, je propose ici une nouvelle approche de politique intérieure de la Guinée-Équatoriale. Celle-ci doit être clairement définie de sorte que chaque ethnie, chaque tribu se sente concernée par les mutations de la chose publique et par là-même du patrimoine national commun.
Depuis les indépendances africaines, les problèmes posés par les clivages ethniques provoquent des convulsions politiques au sein des gouvernements successifs. Les dissensions générées par les phénomènes de tribalisme et de régionalisme favorisent l’instabilité politique en Afrique.
S’agissant plus particulièrement de la Guinée-Équatoriale, force est d’admettre qu’il existe des « imperfections » sur le plan des institutions politiques. Il est impératif d’agir (pouvoir politique et forces démocratiques modérées) pour éviter que s’installent les disparités sociales qui agitent les esprits au sein de la nation équato-guinéenne. Une volonté commune d’agir efficacement sur le front des divisions raciales permettrait d’éradiquer substantiellement les maux qui rongent ce pays.
Des peuples & gouvernements d’Afrique du Sud, Liberia, Sierra Leone, Gabon avec ses opposants exilés, Côte d’Ivoire … ont « réussi » à engager des processus de réconciliations. Pourquoi la Guinée-équatoriale, pays d’altruisme et de solidarités fraternelles, n’en serait-elle pas capable ? Si nous voulons bâtir une nation unie, nous devons instaurer une dynamique politique du dialogue entre forces démocratiques modérées et l’exécutif du pouvoir de Malabo afin de sortir du cercle infernal de la division ethnique et construire une paix durable. Mes connaissances politiques et diplomatiques tendent à me conforter dans l’idée que c’est possible.
J’appelle à la responsabilité collective du gouvernement et du peuple équato-guinéen souverain et l’invite à tenter l’inauguration d’un large processus de réconciliation tant attendu par tous.
Siged Diplomatique, service Rédaction/Publication
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