Siged Diplomatique, accueil Diaporama
Accueil du site > Éditorial > Nord-Sud : pour une franche stratégie planétaire de prévention contre les (...)

Nord-Sud : pour une franche stratégie planétaire de prévention contre les bouleversements climatiques

12 janvier 2010, un puissant séisme de magnitude 7,3 frappait Haïti semant la désolation sur son passage. 45 jours après… ! Quelles sont les stratégies planétaires de prévention contre les bouleversements climatiques ?

Réflexions !

Autant le drame vécu il y a 45 jours par le peuple haïtien avait ému les peuples de la planète, autant il a fait le plein des titres des médias de toutes les contrées qui ont trouvé en cette hécatombe de quoi se « désoler » du sort des Haïtiens frappés dans leurs chairs par le cataclysme qu’ils venaient de vivre. Au moment où la « fièvre » de l’événement commence à s’estomper peu à peu 45 jours après, je me suis empressé de faire quelques recherches, à commencer par faire le tour des grands médias prééminents qui avaient couvert le drame du Port-au-Prince.

À travers cette recherche, ma démarche consiste à ajouter présentement à cette tragédie humaine, une ration de réflexion constructive susceptible de faire « bouger » les consciences et les peuples du monde pour sortir de l’hypocrisie des délires émotionnels planétaires. Comme en témoignent ces quelques titres que l’on pouvait lire dans la presse au lendemain du séisme qui avait frappé Haïti ; avec des titres plus ou moins cocasses :

- Haïti, terre maudite (Libération),
- Haïti, la tragédie (le figaro),
- Haïti anéanti (Aujourd’hui en France),
- Haiti’z day of devastation (The Guardian),
- La muerte, el dolor y el caos en Haití » (El País),
- Haiti è diventata un cimitero (Corriere della sera),
- Tremblement de terre meurtrier en Haïti (La Tribune),
- Chaos à Haïti après le séisme à Port-au-Prince (EditoWeb Magazine)…

Mais la plus surprenante des réactions venait là-bas en Afrique, au Sénégal précisément ; le premier des Sénégalais (Me Wade), créa la surprise en déclarant qu’il fallait « dépeupler » l’île d’Haïti pour réintroduire ses habitants en Afrique et au Sénégal notamment… Au-delà de toutes polémiques stériles, la proposition faite au peuple haïtien par le Président Wade est un non-événement. Car toutes les contrées de la planète subissent des catastrophes naturelles. Quand ce n’est pas « l’œil » du cyclone Katrina qui ravage les Amériques (mars 2006), dont les USA, première puissance mondiale, c’est la canicule impensable qui tue 19.490 personnes en France(1), pays où l’on grelotte habituellement à cause de la poudreuse qui tombe abondamment chaque année. Impossible de faire quoi que ce soit pour empêcher le décès de près de 20.000 âmes qui périrent sous une chaleur de plomb qui s’est abattue sur l’hexagone en 2003.

Les îles d’Asie et du Pacifique sont exposées aux phénomènes de bouleversements géologiques. Alors ! Va-t-on aussi demander l’évacuation des îles indonésiennes par exemple, aux motifs qu’elles subissent des Tsunamis à répétition particulièrement dévastateurs ?

Quel que soit le phénomène ; qu’il se « prénomme : Katrina, El Niño, Tsunami, canicule, cyclone, inondations ou tremblement de terre…, eh bien ! Les risques sont les mêmes pour les populations du Nord et du Sud ; de l’Est et de l’Ouest.

Mais la question qui est posée à tout homme moderne, dit « civilisé », est de savoir : que peut apporter « l’intelligence » humaine pour limiter les effets des destructions massives des vies humaines lorsque survient ce type de cataclysme ? Apparemment, cette question demeure sans réponse, autrement dit, séismes & Tsunamis feraient aujourd’hui moins des victimes.

Si « l’intelligence » humaine est capable de propulser des navettes dans l’espace en dépensant vainement plusieurs milliards de dollars de l’argent des contribuables qui partent en fumée, en revanche, cette même intelligence fortuite n’arrive toujours pas à trouver des idées saines qui permettent par exemple, de trouver des remèdes qui guérissent une fois pour toutes, les cancers ; le sida, les maladies cardiovasculaires le paludisme et toutes les maladies cachées dans nos corps et que la science moderne n’arrive toujours pas à déceler.

Je ne comprends, toujours, pas cet orgueil mal placé de l’homme moderne qui s’obstine de plus en plus pour dépenser de l’argent là où l’urgence ne s’impose pas. Là où il faut donner des moyens pour se prémunir contre les catastrophes naturelles ou contre les pandémies, eh bien ! Nos éminences grises préféreront dépenser de l’argent sans compter pour aller vagabonder sur la Lune ou sur Mars ; planètes arides & inhospitalières qui, scientifiquement, n’apportent rien aux terriens pour résoudre leurs problèmes de maladies, de misères et des Tsunamis particulièrement meurtriers.

D’hier à nos jours, on pouvait imaginer que la NASA, le CNES (agence spatiale française) ou la SEP (Société Européenne de Propulsion) qui réunie les 12 pays de l’ESA (agence spatiale européenne) souscrits depuis 1991 au programme de fabrication d’Ariane-5, allaient orienter leurs recherches pour le progrès de l’humanité dans le bon sens en lui donnant des moyens de se protéger contre les cataclysmes lorsqu’ils se produisent. Mais voilà ! Ce n’est pas du tout ça qui se produit, on dépense pour l’illusion et les rêves qui ne se réaliseront jamais. L’atmosphère terrestre n’est pas comparable à celle de Mars ou de la Lune. Et par conséquent, l’homme – le terrien – ne pourra jamais vivre dans ces planètes-là.

Les merveilles de la nature qui sont celles de la vie que nous offre notre chère planète BLEUE (aller à la plage, cultiver sa pomme de terre ou ses champs de céréales, aller au restaurant, construire ses châteaux, jouer au foot… etc.) ne sont pas transposables, ni dans la Lune, ni dans Mars. Leurs environnements sont tellement hostiles que l’homme ne pourrait pas vivre là-bas telle sa vie sur la terre. La preuve : les hommes partis pour la Lune pour diverses missions « d’Apollos » dans les années 60, ne pouvaient pas se permettre de marcher là-bas avec des simples vêtements d’été ou d’hiver que nous nous portons sur la terre. Dans leurs scaphandres de survie, ils avaient emporté une réserve d’oxygène terrestre pour respirer… ! Alors ! Arrêtons de rêver. Consacrons-nous plutôt pour le bien être de la terre : protéger son espace et son environnement, la purifier de toute pollution pour lutter plus efficacement contre toutes les maladies. Enfin, donner plus des moyens pour la recherche qui donne l’avantage à l’homme pour se prémunir contre les menaces des Tsunamis et des cyclones.

Un regard sommaire en arrière est – peut-être – à privilégier pour comprendre le fonctionnement d’une structure de société primitive qui devait faire face, elle aussi, à de nombreux cataclysmes.

Dans la Bible, on en parle déjà de ces phénomènes. Mais au-delà de la pensée divine, spirituelle ou messianique, je vais me contenter de donner quelques détails simples pour plus de compréhension des lecteurs.

Les recherches anthropologiques nous dévoilent que la plupart des hommes d’avant, c’est-à-dire ; nos aïeux d’il y a plusieurs millénaires, vivaient près des cavernes formées d’immenses rochers. Tout autour, était constitué des petits villages construits avec des simples cases en huttes en forme de cône fait avec des herbes hautes, des feuilles de bambou et de palmiers, des branchages de mopane couverts de boue et de bouse. En réalité, nos aïeux n’étaient pas aussi bêtes comme le prétendirent autrefois certains « historiens », intellectuellement peu évolués. L’homme des cavernes savait scruter la « colère » du ciel ; veiller à la moindre secousse de la terre ou encore, le mouvement des Océans. Pour eux, il n’était pas question de construire sa case dans une île ou près des côtes marines (trop risqué).

Le choix des aïeux d’implanter leurs logis dans les altitudes près d’une caverne se justifiait pour se protéger contre d’éventuelles catastrophes naturelles du genre : cyclone, Tsunami... Si des vents pouvant atteindre 200 à 250 km/heure venaient à détruire leurs constructions improvisées des huttes, eh bien ! La tribu parvenait à sauver tous leurs membres de la communauté. Car, dès que le ciel se noircissait accompagné des premières bourrasques des vents violents, tout le monde se précipitait pour s’abriter dans leurs cavernes aménagées pour la circonstance(2) pour laisser passer la « colère » du ciel.

Événement naturel passé, fugitifs d’un instant de répit ressortaient de leur refuge ; en quelques jours, ils pouvaient reprendre la construction de leurs huttes balayées par un « méchant » cyclone. D’ailleurs, en visitant les tribus Himbas (Bushmans de Namibie ou d’Afrique du Sud) de l’Afrique Australe, force est de constater que ces peuplades, nomades parfois, ont gardé leur authenticité de mode de vie ancestrale. Ils se sentent bien dans leur milieu naturel ! Loin des buildings de « luxe » et d’immenses tours « d’ivoire » construits dans nos mégapoles qui, à la moindre secousse provoquée par un Tsunami ou un tremblement de terre de 7,3 de l’échelle de Richter, s’effondrent comme de minables châteaux de cartes, transformant – en quelques secondes – les lieux embellis par l’opulence en amas des gigantesques chambres mortuaires.

Là ! La question se pose sur la nature de l’évolution de l’homme et de son intelligence dans ses « prouesses » technologiques & industrielles pour s’offrir un « luxe » qui, en un temps de secousse d’un Tsunami, peut s’avérer particulièrement meurtrier. Ce « luxe » qui s’appelle lieu de vie (immeubles d’habitation) ne nous donne plus l’impression de sûreté ; car il peut être engloutis à tout moment et envoyé dans des fosses communes, plusieurs milliers de ses habitants : personnes âgées, hommes, femmes, bébés, enfants…

En nous plongeant quelques siècles en arrière, il est de notoriété que l’épopée coloniale ou la doctrine de l’esclavagisme permît d’arroser des îles inhabitées & inhospitalières de nombreux esclaves et de leurs maîtres. Peu à peu, des indigènes affranchis et non affranchis, livrés à leurs sorts et moyennement fortunés, se mirent à construire des maisons en durs dans des îles particulièrement exposées aux Tsunamis et aux tremblements de terre.

Ces constructions sauvages se mirent à fleurir partout dans les îles du Pacifique et des Océans sans aucune étude sismique de prévention, et sans une véritable structure architecturale pour la réalisation des constructions permettant de se prémunir contre les cataclysmes de type : Tsunami. À titre de comparaison des victimes de séismes & catastrophes naturelles, je vais citer quelques cas des îles françaises des Antilles qui, par le passé, furent frappées par plusieurs phénomènes de catastrophes naturelles :

Martinique :

- 11 janvier 1839 : un séisme tue 400 personnes à Fort-de-France,
- 8 mai 1902 : éruption de la Montagne Pelée avec émission d’une nuée incandescente, plus de 30.000 habitants de Saint-Pierre moururent,
- 30 août 1903 : une nuée ardente resurgît sur le Morne-Rouge causant la mort de 1.500 personnes.

Guadeloupe :

- 8 février 1843 : un tremblement de terre tua plusieurs milliers de personnes détruisant pratiquement la ville de Pointe-à-Pitre. Les contemporains ont fait état de plus de 3.000 victimes… etc.

Je conclus ma réflexion pour rappeler que les catastrophes surviennent à l’improviste sans prévenir quand et comment vont-elles se produire. Il est important de penser à ces multiples dangers imprévisibles ; dans nos réflexions sur la résolution des problèmes liés à l’environnement, je crois que « l’intelligence » humaine, quand elle est disposée à produire du concret, peut se doter des moyens pour prévenir ces dangers environnementaux. Ce qui revient à imaginer la construction par exemple, des abris antisismiques & anticycloniques.

Si, pendant la guerre froide, l’Occident s’est lancé dans la construction massive des abris antiatomiques craignant une confrontation militaire atomique Est-Ouest, et pourquoi pas, maintenant, des abris « anti-catastrophes naturelles » qui pourraient sauver des vies humaines ? Voilà ! Une pavée dans la mare.

Oui ! L’homme est capable de s’offrir des constructions solides et saines capables de résister aux vents soufflant à plus 250 km/heure. Oui ! Il est aussi capable de s’offrir des bâtiments collectifs (habitation, professionnel…) étanches qui peuvent résister aux séismes pouvant atteindre une magnitude 7 à 8,5 de l’échelle de Richter. Tout est question d’études et des recherches, et surtout ! De volonté politique pour légiférer.

Quand l’homme le veut ! Il peut. Et précisément…, vouloir c’est, pouvoir !!

Ne soyons pas naïfs à propos des catastrophes ! Le drame qui a touché Haïti le 12 janvier dernier peut se reproduire dans n’importe quel pays du monde de constructions anarchiques, y compris en Occident. La France par exemple ; elle n’est pas à l’abri d’un tremblement de terre qui peut s’avérer particulièrement dévastateur. D’ailleurs, notre célèbre sismologue M. Haroun TAZIEFF (feu) avait, en son temps, publié plusieurs ouvrages sur le sujet(3). Il affirmait que certaines régions de l’hexagone seraient exposées aux tremblements de terre susceptibles de provoquer la désolation.

De son vivant, le Dr H. Tazieff lança des cris d’alarme prophétiques concernant les futures catastrophes qui vont se produire dans le monde, notamment sur les cotes méditerranéennes et sur les pays de l’Adriatique. À l’époque, certaines sommités s’étaient moquées de lui ! Mais maintenant… N’a-t-il pas eu raison trop tôt ? En novembre 1980, un tremblement de terre de magnitude 6,9 avait ébranlé plusieurs régions proches de Naples, dans le sud de la péninsule - la Campanie, la Basilicate et les Pouilles faisant environ 3.000 morts et plusieurs milliers des sans-abri.

Se basant sur ses études scientifiques fiables, le Dr H. Tazieff avait également prédit la disparition pure et simple de la Côte d’Azur. D’ailleurs, la photo montage fut publiée en 1979 dans Paris Match, montrant la Baie des Anges balayée par un raz-de-marée. Le magazine avait tout simplement repris les thèses du scientifique. Comme dans pareilles circonstances, on dédramatise le plus souvent les choses et la portée de la prévision au profit des intérêts financiers. Et pourtant, le Dr H. Tazieff n’était pas seul ; le sujet était évidemment tabou pour l’aborder largement dans les médias. Selon le témoignage recueillit à l’époque d’une autre éminence grise des catastrophes, le Dr Edmond Mari(4) : « il ne fallait, surtout pas, « effrayer » le tourisme de luxe qui déferle chaque été sur la Côte d’Azur… » Et voilà ! La messe est dite.

Mais ce n’est pas tout ! M. André Laurenti animateur du site web « azurseisme.com » ajouta dans le débat : « à vrai dire, nous n’avons commencé à cartographier les zones sismiques en France qu’au début des années 60..., parce que nous voulions construire des centrales nucléaires…. Mais ce n’est pas parce qu’il n’était pas encore pris en compte que le risque de secousse tellurique n’existait pas. Loin s’en faut… » La consultation des archives départementales suffit pour s’en convaincre de la menace sismique. La terre tremble tout particulièrement dans le Sud-est de la France ; les Bouches-du-Rhône, le Var et bien sûr, les Alpes-Maritimes où les risques telluriques sont classés de niveau II sur une échelle de III. Plusieurs études s’appuient pour placer l’épicentre à trente kilomètres au large de Nice.

Alors ! Il est temps de stopper les constructions anarchiques.

- L’homme moderne ne doit pas continuer à se comporter comme s’il ignore les risques qui l’encourent en passant ses nuits dans un bâtiment d’habitation qui s’avère être, en réalité, un piège qui peut l’ensevelir à tout moment en cas des secousses.

- L’homme moderne ne doit pas continuer à accepter que des promoteurs/constructeurs sans aucun scrupule continuent de couler le « béton » sablonneux partout comme ils le font sans tenir compte des aléas de la nature.

- L’homme moderne doit exiger des gouvernants de légiférer dans ce sens pour imposer les normes parasismiques pour toute nouvelle construction ; et surtout ! Renforcer les anciens bâtis pour que ceux qui y habitent ne soient pas engloutis de un de ces quatre matins en cas des violentes secousses.

Les Japonais ont bien compris la leçon : les constructions parasismiques sont de règles dans tous les archipels japonais. Les séismes de puissant de magnitude 7,3 comme celui qui a ravagé Haïti sont fréquents au Japon et font Ø morts.

Alors ! Pourquoi, ce qui a été institué au Japon pour éviter la destruction massive des vies humaines ne pourrait-il être élargit à l’échelle planétaire… et plus particulièrement dans des zones exposées ?

Reconstruire Haïti c’est, partir sur la base nouvelle. La France, les USA ou les Nations Unies qui parrainent, d’ores et déjà, la conférence internationale de reconstruction d’Haïti, doivent maintenant, imposer des normes nouvelles de constructions. Les promoteurs/constructeurs de toutes les contrées doivent comprendre maintenant que le temps des constructions anarchiques est révolu. Il faut instituer à l’échelle de l’ONU, une nouvelle réglementation internationale qui oblige les promoteurs à être sérieux dans leurs programmes des constructions.

Pour prévenir, qu’il ne se reproduise ailleurs, d’autres drames à l’haïtien, je suggère un « Plan Marshall planétaire de reconstruction » des zones à risques, au Nord et au Sud et ce, avant, pendant et après la reconstruction d’Haïti. Car de par le monde, il y a trop des villes et des quartiers poubelles de constructions anarchiques présentant de dangers majeurs en cas des séismes de 7 à 8 de l’échelle de Richter.

Au lieu de dépenser toujours plus de l’argent pour des recherches « inutiles » du Cosmos, dépensons « légèrement » positif pour la planète BLEUE et des ses habitants.

Manuel Ruben N’dongo

Écrivain franco-africain, Conseiller diplomatique aux Relations internationales, Stratégiste consultant.


(1) cf. communiqué publié, le 22 mars 2007 par l’INSERM.


(2) De nos jours, des fouilles archéologiques découvrent dans certaines cavités rocheuses qui pouvaient abriter des hommes primitifs des résidus alimentaires (la cueillette) datant de plusieurs millénaires.


(3) cf. ses publications : « La Prévision des Séismes »


(4) spécialiste en sismologie et Maire de la ville de Châteauneuf-Villevieille

Manuel Ruben N’dongo - stratégiste consultant
Manuel Ruben N’dongo - stratégiste consultant
ph. irhes

Copyright 2007-2009, Siged-Diplomatique.com de Manuel Ruben N’dongo. Tous droits réservés.