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Lyon fête les dix ans de la première double greffe mondiale des mains

Lyon a fêté vendredi les dix ans de la première double greffe mondiale des mains, réalisé sur Denis Châtelier, en rappelant "l’exploit" qu’avait représentée à l’époque cette performance médicale, tout en misant sur l’avenir grâce au développement des greffes composites.

"Ces greffes ont représenté un véritable exploit et ont bénéficié à Lyon, qui a acquis une notoriété mondiale", a affirmé Alain Collombet, secrétaire général du CHU de Lyon, lors d’une conférence de presse à laquelle participaient M. Châtelier et quatre autres greffés.

Pour Xavier Martin, de l’unité de transplantologie de l’hôpital Edouard-Herriot, où ont été réalisées les cinq allogreffes (mains et avant-bras) effectuées depuis 2000, "Lyon a une longue tradition clinique et universitaire en transplantation depuis la première greffe des reins effectuée en 1906" et détient le "leadership mondial" pour la greffe des mains.

Pour Denis Châtelier, greffé le 13 janvier 2000 et qui a recommencé à travailler en 2003 comme employé municipal aux espaces verts de la mairie de Rochefort (Charente-Maritime), où il pratique de nouveau la "pétanque et le vélo", c’est "une deuxième vie qu’on (lui) a redonnée".

M. Châtelier avait perdu ses deux mains à la suite de l’explosion d’une fusée artisanale. A ce jour, ses doses d’immuno-suppresseurs, un traitement médicamenteux anti-rejet auquel est soumis à vie tout nouveau greffé, sont réduites au minimum.

A ses côtés, Anne-Sophie, 30 ans, victime d’une électrocution et opérée le 19 février 2007, explique reprendre une "vie normale" après avoir arrêté la rééducation intense il y a un mois.

"Mes nouvelles mains ressemblent aux anciennes et à présent, j’arrive à presque tout faire : j’ai mon appartement, je suis autonome", se réjouit la jeune femme, ravie de faire bientôt ses "premières régates en handi-voile" et de reprendre un travail "en lien avec des enfants" à Saint-Brieuc.

Pour Julien, 22 ans, amputé après une explosion et transplanté le 11 juillet dernier, "il reste encore des progrès à faire" mais il compte sur le "temps", sa "grande motivation" ainsi que sur ses 5H30 de rééducation quotidiennes pour venir à bout de ses dernières hésitations.

Selon un registre mis en place en 2002 par le professeur Jean-Michel Dubernard, coordinateur de l’équipe médicale lyonnaise, et son homologue de Monza (Italie), 38 personnes dans le monde au moins ont bénéficié de greffe d’une ou deux mains.

Un gros hic cependant : en Chine, où nombre de greffes sont pratiquées, "presque tous les patients ont dû être amputés après leur opération par manque de suivi", regrette-t-il.

A l’avenir, le service de transplantologie lyonnais, s’il veut développer les greffes composites (bras, face, paroi abdominale, larynx et trachée), "rêve de greffer des bébés à qui il manque des membres en supprimant à terme le traitement immuno-suppresseur", selon l’un de ses responsables, Lionel Badet.

Pour ce faire, un modèle expérimental pré-clinique chez le porcelet est en cours, en collaboration avec l’Ecole nationale vétérinaire, précise-t-il.

02/2010 - © afp

les mains de personnes ayant bénéficié de double greffe
les mains de personnes ayant bénéficié de double greffe
ph. afp

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