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Entre 2008 et 2011, 36 cas ont été répertoriés en France pour cette "toxi-infection aiguë, grave et souvent mortelle" qui se déclare généralement à la suite d'une blessure, indique dans une étude Denise Antona de l'Institut de veille sanitaire
(InVS).
Parmi ces cas, 11 se sont révélés mortels et l'infection touche généralement des personnes âgées, avec un moyenne d'âge de 82 ans pour les 36 cas rapportés, selon cette étude publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire
(BEH).
L'infection produite par un bacille anaérobie, le Clostridium tetani, est généralement causée par une blessure avec un outil souillé avec de la terre (13 cas sur 36), souvent avec du matériel de jardinage, mais aussi parfois par une chute avec
une plaie qui a été souillée par le sol (neuf cas).
Plus rarement, elle découle d'une griffure ou d'une morsure (un cas d'infection par griffure de chat et un autre par morsure de rat), indique l'épidémiologiste dans cette étude.
Les chiffres des cas de tétanos en France ont montré une décrue régulière dans la dernière moitié du 20e siècle, avec plus de 300 cas par an en 1975 juqu'à atteindre moins d'une dizaine à la fin des années 90. Depuis le nombre de cas reste
stable.
L'incidence est minime mais compte tenu de la gravité extrême de l'infection (31% des cas ont été fatals ces quatre dernières années), le tétanos demeure un problème de santé publique.
Si on appliquait plus rigoureusement la politique de rappels de vaccination antitétanique chez les adultes (en principe un rappel tous les dix ans), "tous les cas de décès pourraient être évités", souligne la chercheuse de l'InVS.
"Il faut favoriser une politique de rappels effectués à l'occacion de toute consultation chez le médecin traitant dont le rôle doit être de souligner l'importance de cette vaccination très bien tolérée", ajoute-t-elle.
Les cas surviennent en effet toujours chez des sujets "mal ou non vaccinés" et cette infection entraîne dans tous les cas une hospitalisation prolongée en service de réanimation, s'avère souvent mortelle et peut entraîner des séquelles physiques
importantes.
D'où l'importance de "favoriser une politique de rappels à l'occasion de toute consultation chez le médecin traitant", souligne Mme Antona.
06/2012 - ©-afp